David Lambert intra muros

Vous ne l’ignorez plus : Hors les Murs, le premier long métrage de David Lambert a participé au dernier festival de Cannes, remportant le grand Rail d’Or à la Semaine Internationale de la Critique. Et suscitant l’intérêt des festivaliers qui ont pris deux fois d’assaut la salle où était projeté le film et séduisant la presse  internationale qui s’est fendue de fort jolis articles.

 

Une tendance qui s’est vérifiée au Canada où le film a atteint les cinémas le 15 juin. En Belgique, il faudra encore patienter quelques mois pour découvrir Guillaume Gouix et Matila Malliarakis enlacés et complices. La sortie n’est prévue qu’en novembre. D’ici là, Hors les Murs part à l’assaut des festivals. On peut le voir actuellement au festival international de Karlovy Vary en République tchèque dans la section Another View et au Festival Paris-Cinéma. Joli coup double.

Et ce n’est qu’un début.

 

 

 

David Lambert profite de toute cette agitation enthousiaste pour visiter du pays. Et rencontrer du beau monde. Soyez-en certain, ce joyeux luron n’a aucune intention de bouder son plaisir. Alors qu’il a déjà écrit son prochain scénario, il revient avec nous sur ce début de carrière tonitruant, sur ce qui l’a amené à aborder la réalisation d’un long métrage et à concevoir ce film particulier qui semble toucher en plein coeur les spectateurs les plus divers.

 

 

–       Vous êtes un jeune réalisateur. Jusqu’ici vous avez coécrit plusieurs scénarios, mais votre court métrage « Vivre encore un peu » a fait beaucoup pour votre réputation…

 

J’ignorais que j’avais une réputation ! Mon court métrage a en effet connu pas mal de succès, et ce, dans le monde entier. Il m’est arrivé de consoler des spectateurs à la fin de certaines projections. Le fait de partager ce type d’émotion avec des inconnus par le biais d’un écran de cinéma m’a permis de prendre confiance en moi en tant que réalisateur. De plus, la mise en scène est comme le prolongement organique de mon travail d’écriture de scénario.

 

–       Vous avez révélé que ce court métrage était inspiré d’une expérience personnelle. Est-ce encore le cas ici ?

 

« Hors les murs » est évidemment un film très personnel. En même temps, ce n’est pas une auto fiction. J’ai condensé trois histoires d’amour pour les synthétiser en un seul récit. J’ai essayé d’être juste, sincère, mais aussi d’être efficace et pas nombriliste. J’aime travailler l’intimité jusque-là rendre communicable et partageable…

 

 

–          Comment sont nés les deux personnages-clés de « Hors les murs » ? Comment les avez-vous construits l’un par rapport à l’autre ?

 

Il y a un peu de moi-même dans chacun des personnages. J’y ai été par couches successives, c’est assez difficile à expliquer. J’ai voulu faire ressortir l’émotion, le sentiment et dépasser la sexualité stricto sensu tout en ne la gommant pas. Paulo est un être fragile, souffrant de solitude et manquant d’autonomie. Face à lui, Ilir incarne la force, il a un petit côté Saint-Bernard. Ce sont des polarités opposées, mais au final, le plus fort n’est pas toujours celui qu’on croit…

 

 

–          Pour donner corps à ces personnages, vous avez choisi deux jeunes acteurs qu’on n’attendait pas forcément ici. Comment vous ont-ils convaincu ?

 

C’est une histoire de rencontres, tout simplement. Et de trouver des acteurs qui ont la générosité de se livrer, de nourrir un univers qui n’est pas le leur. Chacun avait en lui les fondements des personnages. Matila, avec son physique de petit oiseau tombé du nid… Et Guillaume, avec son côté petit coq et son côté Saint Bernard. On a beaucoup travaillé en amont pour se mettre d’accord et pour que chacun, à sa manière, pose un vrai geste artistique au sein du film.

 

 

–          Ceux qui l’ont lue ont tous pensé que pour un premier film, votre note d’intention était extrêmement précise et pointue. D’où vous vient cette vision ?

 

D’années et d’années de maturation et de réflexions, je suppose ! Je crois beaucoup au travail, l’inspiration et les bonnes idées ne viennent pas comme ça,  il faut juste beaucoup bosser avec patience et humilité.

 

–          Vous êtes donc un scénariste déjà fort prisé, vous auriez pu vous cantonner à ce domaine, qu’est-ce qui vous plaît dans la réalisation ?

 

J’aime les acteurs…et pour moi la mise en scène est une écriture comme une autre.

 

–          De l’écriture au film tel qu’il se présente aujourd’hui, le propos semble s’être un peu radicalisé. La forme a beaucoup d’importance pour vous…

Oui. La forme est importante, car elle est constamment au service du fond, de ce qu’on veut incarner, défendre. Je n’aime pas la forme pour la forme où on sent que le cinéaste veut juste faire le malin. Je suis en constante recherche formelle dans ce sens où je me pose constamment la question de « Comment raconter cela ? Où mettre la caméra ? Quel est l’endroit le plus juste ? » , etc

–          Que retenez-vous de plus positif de ce que vous avez vécu ces dernières années autour de ce film ?

Il y a tant de choses… Ce que j’aime, c’est la création permanente… et aussi le partage, avec les producteurs, les acteurs, toute mon équipe…

 

 

Vous ne vous êtes pas contenté d’écrire et de réaliser, vous avez suivi le film pas à pas jusqu’au bout…

C’est un peu la moindre des choses pour un premier film très personnel !

–          Même en restant discret sur le sujet, on vous a toujours senti très intéressé par une sélection cannoise. Cette semaine de la critique, c’est un rêve qui devient réalité, non ?

Je n’ai jamais rêvé d’une sélection cannoise, j’ai par contre rêvé que le film soit vu par plein de gens ! Quoi de mieux qu’une sélection cannoise pour concrétiser ce rêve ?

 

–          « Hors les murs » est une tranche de vie et surtout une histoire d’amour. Les histoires d’amour finissent-elles forcément mal ?

 

Non, pas forcément… Mais les histoires d’amour qui finissent mal au cinéma nous incitent surtout à aimer mieux dans la vie pour que ça se finisse bien… Non ?

 

Rien à ajouter….

 

 

Interview mai 2012

Les très belles photos ont été réalisées sur le tournage par Marianne Grimont

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